Emploi massif de l'artillerie
L’emploi massif de l’artillerie à partir de 1809 correspond à une nouvelle tactique de Napoléon,
caractérisée par sa brutalité, se substituant aux savantes manœuvres du début de l’Empire, 
sans doute à cause de la moins bonne qualité manœuvrière des troupes. Il préconisait d’avoir quatre
pièces pour mille hommes même s’il n’en eut que deux pour mille en 1809. L’artillerie à cheval, souvent utilisée au plus près de l’ennemi, resta à la hauteur de sa réputation.
Si Wagram est considéré du point de vue tactique, le procédé de l’archiduc constitue un exemple assez
typique de l’attaque concentrique et enveloppante. L’Empereur montre à Wagram qu’un chef compétent
et à l’esprit vif, à la tête d’une bonne armée bien groupée et formée en profondeur, peut répondre victorieusement à cette tactique de l’enveloppement, soit en attaquant le centre de la ligne trop mince de l’adversaire, comme Eugène à Deutsch-Wagram, soit en opposant un flanc défensif au mouvement tournant d’une des ailes, comme l’a fait Macdonald, pendant que l’autre côté est écrasé avec des forces supérieures, comme l’ont fait Davout et Oudinot.
Wagram est l’aboutissement de la mise en oeuvre du principe divisionnaire théorisé par Bourcet et Guibert
à la fin du XVIIIème siècle. Ce principe est l’essence du combat interarmes à tous les niveaux, encore aujourd’hui. Mais cette bataille est aussi exemplaire pour deux raisons majeures qui ne sont pas que du domaine du passé, mais dont l’esprit est toujours d’actualité : enjeux tactiques dans un contexte politique.
Wagram est d’abord une victoire militaire tactique qui a permis, grâce à une utilisation judicieuse des procédés de combat interarmes, de parvenir à une victoire sur le terrain en mettant en oeuvre quelques grands principes de la guerre qui sont intemporels : sureté, liberté d’action, économie des moyens et concentration des feux.
Wagram est aussi une victoire stratégique qui a permis, dans les trois mois suivant la bataille, la mise en oeuvre d’une solution politique entre la France et l’Autriche et la signature de la paix.
La guerre n’est pas été seulement, et restrictivement, la continuation de la politique par d’autres moyens, mais un élément de la conduite de la politique. A Wagram, la violence n’a pas été une fin en soi, mais un moyen pour imposer la paix.